Les images que chaque Américain grec devrait voir le jour de Martin Luther King, Jr.

Le 26 mars 1965, le magazine LIFE a présenté une photo emblématique sur sa couverture de l’archevêque grec orthodoxe Iakovos marchant avec le Dr Martin Luther Jr.

Seize jours plus tôt, les événements qui ont donné lieu à cette photo ont eu lieu à Selma, en Alabama. Le 11 mars 1965, le ministre universaliste unitarien blanc américain James Reed a été brutalement matraqué à mort par des ségrégationnistes alors qu’il marchait pour les droits civiques. Quelques jours plus tard, l’archevêque Iakovos se rendrait à Selma et marcherait bras dessus bras dessous avec le roi pour l’égalité. La photo sur la couverture de LIFE représente l’archevêque Iakovos marchant avec le roi alors que le roi tient une couronne pour le service commémoratif de Reed.

Le professeur Albert J. Raboteau de l’Université de Fordham, dans le Bronx, a rapporté que “la congrégation attendait l’arrivée de King pour le service, des dirigeants distingués, qui s’étaient rassemblés de tout le pays (y compris l’archevêque Iakovos) ont fait l’éloge de Reeb et les bras liés pour chanter “We Shall Overcome” et d’autres hymnes du mouvement.” C’est ce que l’archevêque Iakovos a dit ce jour-là:

” Je suis venu à ce service commémoratif parce que je crois que c’est une occasion appropriée non seulement pour me consacrer, ainsi que nos communicants grecs orthodoxes, à la noble cause pour laquelle notre ami, le Révérend James Reeb, a donné sa vie; mais aussi pour montrer notre volonté de continuer cette lutte contre les préjugés, les préjugés et les persécutions. Dans cette cause donnée par Dieu, je suis sûr d’avoir le soutien total et compréhensif de nos fidèles orthodoxes grecs d’Amérique. Car notre Église orthodoxe grecque et notre peuple comprennent pleinement de notre héritage et de notre tradition ces engagements sacrificiels. Notre Église n’a jamais hésité à se battre, quand elle le jugeait nécessaire, pour les droits de l’humanité; et beaucoup de nos hommes d’Église ont été à l’avant-garde de ces batailles à maintes reprises….Les voies de Dieu ne nous sont pas toujours révélées, mais Il est certain que le choix de ce ministre dévoué d’être la victime de la haine raciale et le héros de cette lutte pour obtenir des droits constitutionnels inaliénables pour nos frères américains qui leur sont refusés, et de mourir, pour ainsi dire, sur ce champ de bataille pour la dignité et l’égalité humaines, n’était pas accidentel ou aléatoire. Cherchons dans cette tragédie une leçon divine pour nous tous. Le révérend Reeb a estimé qu’il ne pouvait pas être en dehors de l’arène de cette lutte acharnée, et nous aussi, nous devons sentir que nous ne pouvons pas. Que son martyre soit une inspiration et un rappel pour nous qu’il y a des moments où nous devons tout risquer, y compris la vie elle-même, pour ces idéaux américains fondamentaux de liberté, de justice et d’égalité, sans lesquels cette terre ne peut survivre. Notre espoir et notre prière, c’est donc que nous puissions avoir la force de faire savoir à Dieu par nos actes et nos actes, et pas seulement par nos paroles, que, comme feu le révérend James Reeb, nous sommes nous aussi les partisans et les combattants d’une lutte pour laquelle nous devons être prêts à risquer notre vie.”

Raboteau se souvient aussi d’un moment touchant:

Je suis hanté par un détail de la visite de l’archevêque Iakovos à Selma: le moment à la chapelle Brune où cette petite fille noire lui a pris la main et lui a dit de ne pas s’inquiéter. Je me demande ce qu’en a pensé l’archevêque. A-t-il peut-être rappelé les paroles de Jésus : ” car de telles choses est le royaume des cieux ” ?

Le racisme et l’intolérance sont en effet appris, c’est pourquoi les actions de Martin Luther King, Jr., de l’archevêque Iakovos et de tous ceux qui se sont battus pour les droits civils et l’égalité sont si pertinentes aujourd’hui.

L’archevêque Iakovos avec Coretta Scott King et le sénateur Paul Sarbanes (MD). Photo: Archidiocèse orthodoxe grec d’Amérique

De nombreux Grecs ont vu cette couverture de VIE emblématique. Tous n’apprécient pas le courage qu’il a fallu à un dirigeant grec orthodoxe à cette époque pour se tenir bras dessus avec des dirigeants afro-américains. Coretta Scott King, la veuve de King, soulignait en 2005 à quel point il était important d’avoir le soutien de l’archevêque Iakovos:

” À une époque où beaucoup des membres les plus éminents du clergé du pays étaient silencieux, Mgr Iakovos a soutenu courageusement notre Mouvement pour la liberté et a marché aux côtés de mon mari, et il a continué à soutenir le mouvement non violent contre la pauvreté, le racisme et la violence tout au long de sa vie.”

Martin Luther King, Jr. lui-même a souligné à plusieurs reprises que le silence et l’inaction face à l’injustice étaient une “trahison”, notant que “nos vies commencent à se terminer le jour où nous devenons silencieux sur les choses qui comptent.”

L’archevêque Iakovos expliquera plus tard que c’est cette obligation de prendre la parole qui l’a conduit à Selma:

” Nous combattons depuis des siècles des régimes politiques oppressifs et répressifs, fondés sur des principes chrétiens. . . . Un chrétien doit crier d’indignation contre toute persécution. C’est ce qui m’a fait marcher avec Martin Luther King Jr. à Selma. Nous sommes tous responsables et nous devons continuer à nous exprimer.”

Les Américains d’origine grecque et les gens du monde entier ont été troublés par la montée du racisme et du radicalisme en Grèce (voir le profil des récentes attaques du New York Times d’hier ici). Ces deux maux n’existent pas seulement en Grèce; à travers le monde, y compris ici en Amérique, il y a beaucoup de travail à faire pour combattre une telle intolérance. En Grèce, les citoyens se lèvent. Samedi, des milliers de Grecs inquiets ont défilé dans les rues d’Athènes pour protester contre le fascisme, le racisme et la xénophobie. Partout dans le monde, les gens ne restent pas silencieux. Ils continuent, comme l’a dit Mgr Iakovos, à ” crier d’indignation contre toute persécution.”

PHOTOS: Images de cette journée historique à Selma, gracieuseté de la collection Jack Rabin sur les droits civiques de l’Alabama et les militants du Sud:

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